Pose le cadre
Mais pour ça, il faut des bons clous.
Parfois je suis pleine de bonne volonté.
Genre d’un coup, je décide que mes meubles doivent changer de place.
TOUT DE SUITE.
Je fais des plans, je prends mes p’tits bras musclés et je bouge tout.
1 fois.
2 fois.
35 fois.
À la fin, je me retrouve toute transpirante avec les meubles… exactement au même endroit qu’avant la bataille.
Changer de canal sans changer de cadre, c’est comme s’agiter dans tous les sens pour déplacer des meubles et les laisser exactement à leur place.
Beaucoup de bruit pour pas grand chose.
Attends, ça va peut-être davantage te parler :
Changer de canal, sans changer de cadre, c’est comme déménager mais sans sortir les cartons du camion.
Tu te sens pas chez toi, c’est pas archi confort et puis…
Y’a comme un écho.
Un écho de ce que tu répètes ailleurs.
Créer sa newsletter, c’est un acte FORT et il doit être perçu comme tel.
Sinon, ce n’est qu’un nouveau robinet branché sur la même tuyauterie.
Parce qu’en vrai, lancer une news (dans le but qu’elle FONCTIONNE), c’est un peu plus subtil que ça.
En tout premier, et c’est ce que je fais avec mes clients qui veulent créer une newsletter : il faut poser un cadre éditorial.
C’est une série de décisions prises avant la première phrase.
Des décisions que la plupart des gens ne prennent jamais, puis compensent en écrivant plus.
Quand le cadre n’est pas posé, tu écris pour :
– être compris
– rester cohérent
– ne pas perdre
– ne pas froisser
Mais quand c’est que t’écris pour INSTALLER ?
Never.
→ Installer une manière de penser.
→ Installer une crédibilité.
→ Installer une exigence.
Résultat
C’est propre.
Lisible.
Et parfaitement transportable ailleurs.
Et personne ne sue du front au moment de se désabonner, parce que ça ne leur coûte pas.
Si tu veux que ta newsletter devienne un lieu de rdv et pas un contenant, voilà une partie de ce qui se décide AVANT d’écrire, pas après.
Qu’est-ce que je m’autorise ici ?
Des trucs que tu n’oserais pas faire sur un réseau social.
Qu’est-ce que je refuse de faire ?
Expliquer encore
Arrondir les angles
Anticiper toutes les objections
Si rien n’est interdit, le cadre n’est pas un cadre.Quelle dose d’effort je demande au lecteur ?
Temps
Attention
Inconfort
Si tout se lit sans résistance, t’as trop simplifié.
Qui est-ce que j’accepte de perdre ?Qui risque de décrocher avec ce texte ?
Si la réponse est “personne”, c’est que tu écris trop large.
Quand le cadre est posé, la newsletter ne ressemble plus à un post long.
Elle devient un lieu dans lequel on te lit comme nulle part ailleurs.
2007, dans le métro.
Un gars en jeans et casquette se pointe et sort un violon de son étui.
Et pendant 45 min, il enchaîne Bach et Schubert.
Résultat :
1 097 personnes sont passées devant lui.
7 ont pris le temps de s’arrêter un peu.
Il est reparti avec 32 dollars.
Pourtant, il s’agit de Joshua Bell.
Tu le connais pas ?
Oui bah je pense que c’est réciproque.
C’est un violoniste de renom qui a joué au Symphony Hall de Boston 2 jours avant ça, salle comble (2 600 personnes a environ 100$ la place).
→ Je te laisse calculer la diff de rentabilité.
Son répertoire n’a pas changé, mais l’effet a été totalement différent.
Dans le métro, personne ne s’est demandé si ce qu’il jouait valait la peine qu’on s’arrête.
Changer de cadre sans changer ce que le cadre rend possible, ça ne transforme rien.
Ça déplace juste la scène.
Comme moi, avec mes meubles.
Ces derniers mois, ça s’agite…
Avec la baisse de reach de LinkedIn, le monde entier se rabat sur la newsletter
Sur Substack en particulier.
L’avantage, c’est que ces newsletters sont publiques, alors je peux aller faire ma curieuse.
L’inconvénient (pour eux), c’est qu’elles sont publiques, alors tout le monde peut voir quand il n’y a pas de fond.
On ne lance pas une newsletter sur un coup de tête.
C’est un format génial, mais ça demande beaucoup de remise en question, une vision globale et stratégique pour bâtir son autorité, des aptitudes rédactionnelles, un univers visuel assumé…
Pas simple, quand c’est pas ton taf.
Avec Anthony Jorand, on est partis de ce constat-là.
Et on a donc créé VOST.
Un studio éditorial pour ceux qui ne veulent pas se contenter de publier, mais construire un média personnel qui devient un point de repère.
On prend tout en main de A à Z et toi, tu te mets bien.
À très vite, ma p’tite truite 🩵
Fanny
La Morue
T’en veux encore ?
Coquinou !
Allez banco, voici ma p’tite sélection du jour :
La fameuse expérience de Joshua Bell
Le carrousel où je décortique 3 news Substack pour voir si elles servent l’autorité de leur auteur (spoiler : nope)
Ma participation au Podcast Elles Inspirent Studio sur le thème “La voix comme outil stratégique”










L’expérience de Joshua Bell me dégoûte du genre humain. En même temps, on est bien obligés de faire avec. Un truc facile d’accès aura l’air de faible valeur, même si c’est la crème de la crème. Le pire c’est que l’inverse est vrai !
Faut vraiment que je me le mette dans le crâne.
Il est très grand ou tu es très petite ? Ou les deux mon capitaine ?